Guérande Aquaponie : le lycée professionnel à la pointe

Le lycée Olivier-Guichard à Guérande est l'un des deux établissements en France à travailler sur l'aquaponie. Une technique de production végétale et animale qui tourne au phénomène.

12/07/2016 à 17:55 par coraliedurand

Voilà cinq ans que le Lep de Guérande compte une serre d'aquaponie -
Voilà cinq ans que le Lep de Guérande compte une serre d'aquaponie -

L’organisateur, Aurélien Toqueville, le reconnaît.

« On s’est fait un peu déborder ».

Plus d’une centaine de personnes se sont rendus récemment au lycée professionnel Olivier-Guichard, à Guérande.

« Mais on compte plus de 400 contacts, c’est assez incroyable ».

Ce qui est incroyable, c’est le succès de ce colloque, au sujet a priori pointu : l’aquaponie.

« On sent un véritable engouement ».

Ce qui n’est pas sans poser quelques questions.

Système en boucle

D’abord, l’aquaponie, qu’est-ce que c’est ? On se tourne vers Pierre Garsi, responsable de l’aquaculture au sein du lycée.

« C’est un système de production de végétaux et de poissons. Leurs déjections servent de nourriture aux plantes qui filtrent l’eau des poissons ».

La boucle est bouclée. L’idée est venue d’une

« volonté d’enseigner autrement, avec de meilleures pratiques environnementales. On prend en compte le bien-être de l’animal et l’impact de nos activités ».

Zones d’ombre

Et ça marche ? Oui, mais il reste encore des zones d’ombre. Quelles plantes pour quels poissons (et vice versa) ? Quels paramètres extérieurs ? À quelle échelle le système devient-il rentable ? Ce sont les questions sur lesquelles travaille Itavi (1), qui organise le colloque. Aurélien Tocqueville y est le responsable du service Aquaculture.

« On apporte un soutien technique et on travaille sur la recherche et le développement pour la filière, une démarche reconnue par le ministère de l’Agriculture ».

C’est ce que l’on appelle le programme l’Apiva (Aquaponie, innovation végétale et aquaculture).

Hors-sol

Mais pourquoi avoir organisé le colloque à Guérande ? Parce que le lycée professionnel reste précurseur en la matière. Dès 2011, la filière pisciculture investit une serre 120 m2, inutilisée par leurs collègues de l’horticulture, et y installe son système.

« Dès la première année, nos résultats se sont révélés probants. On a été aidé pour cela par le Smidap (2) », explique Pierre Garsi.

Cet hiver, les élèves ont travaillé avec de la truite et du cresson ; cet été, ce sera sandre avec tomates, basilic et salades. « Attention, la culture se fait sans pesticides ou engrais, mais elle n’est pas considérée comme bio, puisqu’elle se fait hors-sol ».

L’impact

Cela change-t-il le goût des produits

« C’est la question que l’on nous pose souvent ».

Et la réponse se révèle une fois de plus complexe. Pour valoriser les légumes de la serre, la production est servie au restaurant hôtelier du lycée. Avec de multiples précautions.

« En utilisant un système d’eau fermé, on peut finir par avoir un goût de vase ».

En revanche, les poissons vivent très bien l’aquaponie.

<« On a pu le constater, le filtrage par les plantes a fait baisser la mortalité ».

Un label ?

L’engouement est-il réel ? Il faut le croire, puisque

« beaucoup de professionnels y voient une diversification de leurs activités », note Aurélien Tocqueville.

On parle déjà d’installer des systèmes d’aquaponie sur les toits d’immeuble, dans les jardins. Pierre Garsi craint tout de même

« un phénomène de mode, car ce n’est pas si simple que cela paraît ».

Le professeur reste tout de même persuadé du développement de la filière, au point d’imaginer un label « produit par aquaponie », à défaut du bio. Bientôt dans nos supermarchés ?

(1) Institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole

(2) Syndicat mixte pour le développement de laquaculture et de la pêche en Pays de la Loire

44350 Guérande

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