Guérande À La Loupe, des livres à fort caractère

Installée depuis 2010 dans la zone de la Métairie de la Lande à Guérande, La Loupe est une des six maisons d'édition françaises spécialisées dans les livres en gros caractères.

23/01/2017 à 17:21 par Simon

Alban du Cosquer a fondé les Editions de la Loupe
Alban du Cosquer a fondé les Editions de la Loupe

Parfois, souvent même, une démonstration vaut mieux que de longs discours. D’emblée, Alban du Cosquer avait donné le ton.

Je veux bien vous accorder une interview, mais j’émets une condition : que l’article paraisse en gros caractères.

Long silence. La demande est inédite et on ne peut plus singulière… Et puis finalement, pourquoi pas ! C’est pour cette raison que le corps du texte de la page 36 de L’Echo de la Presqu’île du vendredi 13 janvier 2017 est de 14 points contre 9 habituellement.

« Une soixantaine de livres par an »

En quelques phrases, voici résumée l’activité de La Loupe, petite maison d’édition nichée au cœur de la zone de la Métairie de la Lande. Depuis une quinzaine d’années, le directeur Alban du Cosquer et sa petite équipe (une demi-douzaine de personnes) ont publié environ 750 livres, « une soixantaine par an », dans à peu près tous les genres littéraires : roman, essai, biographie, polar, témoignage, histoire, aventure…

Mais pas n’importe lesquels. Il s’agit de bouquins réédités, acquis par droits dérivés. La sélection est rigoureuse, les ouvrages triés sur le volet.

Ce sont des livres positifs, qui ont eu bonne presse. Pour la plupart, ils ont obtenu des prix et sont des best-sellers. On trouve aussi quelques coups de cœur.

Proche de nous, c’est le cas d’En attendant Bojangles du Nantais Olivier Bourdeaut, un familier de la Presqu’île guérandaise. « Lui, on a réussi à l’avoir avant qu’il ait ses prix », se félicite Alban du Cosquer.

À La Loupe, on n’utilise que du corps 17 à 20, selon la taille initiale du livre. À titre de comparaison, un « poche », c’est plutôt 9 ou 10. « Mes livres ne dépassent jamais 500 pages. L’idéal, c’est 350 », souffle l’éditeur qui se fait l’apôtre du gros (ou grand) caractère. Loin de se cantonner, selon lui, aux malvoyants, aux personnes âgées, ou dyslexiques…

On trouve aussi des quadras qui sont par exemple devant leur écran toute la journée et apprécient d’avoir un certain confort de lecture le soir.

Marché restreint

En dehors des bibliothèques municipales et de quelques librairies, le marché reste cependant assez restreint. « Le grand caractère est encore assez mal connu du grand public », regrette Alban du Cosquer. En France, elles sont seulement six maisons d’édition à se partager la « niche ». « En 2016, nous étions huit, mais deux ont mis la clé sous la porte », précise l’éditeur guérandais. Concurrence des tablettes et liseuses, librairies frileuses… « On résiste, mais pour combien de temps encore, s’interroge Alban du Cosquer. Je fais le travail de trois personnes, mais je n’ai pas les moyens d’embaucher plus ».

44350 Guérande

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